Communications officielles

[11 NOVEMBRE : COMMEMORATION DE L'ARMISTICE DE 1918]

Ils étaient jeunes, avaient l'avenir devant eux et ils se sont sacrifiés pour nous, pour que la France reste la France.

Leur rendre hommage aujourd'hui ne nous exonère pas d'être à la hauteur de leur mémoire au quotidien en continuant cette lutte de chaque instant pour nos principes et ce qui fait que notre pays porte symboliquement les valeurs universalistes, de liberté, d'égalité, de fraternité.

À l'heure où les obscurantistes nous menacent, où nous menons des opérations extérieures pour porter ce précieux héritage, où se déroule le procès des attentats du 13 novembre... N'oublions jamais qui nous sommes, ne les oublions jamais.

Leur sang est notre sang et, à travers leur sacrifice, ils nous ont légué quelque chose de plus grand qu'un simple patrimoine génétique.

Par Laurence TAILLADE, présidente fondatrice du PRS

11 Novembre 2021

5
NOV
2021

De la reconnaissance institutionnelle de l'Eglise catholique de France dans ses crimes
La loi doit s'appliquer !

La reconnaissance officielle, le vendredi 5 novembre dernier, de « la responsabilité institutionnelle de l’Église » par les évêques de France dans les centaines de milliers d'abus sexuels et dans le caractère « systémique » de ces crimes doit être saluée. L'ensemble de l'épiscopat admet enfin que ces violences, dont l'ampleur a été mise au jour par le récent rapport Sauvé, ne relèvent pas de dérives individuelles mais que ces actes pédocriminels « ont été rendus possible par un contexte général, des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l'Église »

Pour autant, si, comme l'affirme le président de la Conférence des évêques, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, « Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation », il importe de préciser d'abord comment l'institution religieuse a pu couvrir près de 3000 prédateurs en soixante-dix ans (estimation du rapport Sauvé). Car, avant de procéder à des réparations symboliques, au moyen d'indemnisations, l’Église doit garantir qu'elle mettra effectivement fin à ces pratiques criminelles en menant des réformes structurelles. Or, il ne semble pas que l'institution religieuse s'oriente vers une telle démarche, bien au contraire.

Aussi, le Parti Républicain Solidariste renouvelle-t-il sa demande auprès du Premier ministre d'engager à l’encontre de l’Église catholique de France toutes les poursuites prévues par la loi, y compris la dissolution de ses instances et associations parmi lesquelles les diocèses qui ont abrité des atrocités sexuelles, pour mettre fin à sa complicité dans ces crimes. L’Église catholique n'étant en effet pas au-dessus des lois, elle doit répondre, comme toute autre association, de ses actes.

Si elle reconnaît aujourd'hui sa responsabilité dans les 213 000 actes de violence et d'agression sexuelles sur mineurs (chiffre estimatif du rapport Sauvé), alors la loi doit s'appliquer dans toute sa rigueur. Or, que dit la loi ? La loi du 12 juin 2001, visant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, ordonne de dissoudre par voie judiciaire toute association ou mouvement qui poursuit « des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités » en cas de mise en péril de mineurs, d’atteintes à l’intégrité physique ou psychique de la personne ou encore d’atteintes à la liberté. 

"Dura lex sed lex : la loi est dure, mais c'est la loi !"

Un hommage national ou un mensonge institutionnel ?

En cette journée d'hommage au professeur sauvagement assassiné, on cherche une vérité qui ne dérangerait personne. Une vérité qui pourrait soulager notre mauvaise conscience. C'est beaucoup demander à la vérité. Avec des bougies et des fleurs, dans la grande communion des cœurs, on s'en remet à la parole des jeunes, comme dans cette exposition, présentée aux députés, « Touche pas à mon professeur ». Ici ou là, au choix, une minute de silence ou, par exemple, une heure de discussion dans le cadre de l'éducation morale et civique. On plante enfin un arbre, on pose une plaque, et en voilà pour jamais.

[...]

Il y aura « un avant et après Samuel Paty » lorsque on aura fait le procès non pas des enseignants 

mais de cette politique d'accommodements raisonnables qui a précipité le sort de notre collègue. Il faudra alors refonder l'école, rappeler sa mission première : instruire, transmettre des savoirs sans lesquels il ne peut y avoir d'individu libre et de citoyen, transmettre notre culture humaniste qui reconnaît en chaque homme une personne et un être absolument singulier. Il faudra restaurer l'autorité de la loi républicaine face à ceux qui la conteste au nom d'un antiracisme devenu fou, et qui refusent la science, la réflexion autonome, la liberté de conscience, l'égalité des sexes, le respect de la personne. Il faudra cesser de faire porter aux enseignants le poids des atteintes à la laïcité, la contestation des règles scolaires, la violence aveugle ou instrumentalisée qu'ils subissent quotidiennement. La République devra trancher entre l'action émancipatrice et les pressions exercées par les ennemis de l'école et de la paix civile.

Par Didier Lemaire, secrétaire national

16 octobre 2021

Rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’église

Le PRS s'adresse à Jean Castex dans une lettre ouverte

Monsieur le Premier Ministre,
Le bureau national du Parti républicain solidariste (PRS) a pris connaissance du rapport1 et de ses annexes publié par la C.I.A.S.E, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église, présidée par Monsieur Jean-Marc Sauvé.
Au-delà de l’effroi, de l’indignation et du dégoût provoqués par les faits rapportés, par l’ampleur du phénomène décrit, et en raison de cela, notre bureau national souhaite partager avec vous quelques éléments de réflexion et quelques pistes d’action qu’il nous semblerait indispensables d’entreprendre par votre gouvernement.
Tout d’abord, notre bureau a relevé le caractère systémique des abus commis envers les victimes par des membres du clergé ou par les laïcs associés à celui-ci. Ce caractère systémique a été explicité dans de nombreux passages du rapport. Nous n’en citerons qu’un seul : « l’état des lieux ainsi dressé révèle donc que le phénomène des violences sexuelles dans l’Église catholique en France de 1950 à nos jours est massif, en diminution dans le temps mais toujours présent, qu’il repose sur des mécanismes pluriels, clairement identifiés, et présentant un caractère systémique. » (résumé du rapport page 16).

Ainsi, en plus des crimes individuels commis sur des enfants par des membres du clergé ou leurs associés laïcs, le caractère systémique et massif de ces crimes odieux implique-t-il l’église catholique tout entière dont la culpabilité et la complicité, en tant qu’institution, est patente.
En effet, bien que connaissant la gravité, la récurrence et le nombre massif de sévices sexuels commis par ses clercs et associés, l’Eglise ne les a pas dénoncés, n’a rien fait concrètement pour les faire cesser et, pire, les a couverts et cachés procurant immunité et protection aux prédateurs alors que la vie des victimes a été ravagée voire détruite. Ces actes de barbarie et de torture et leur dissimulation opérée par l’église catholique en tant qu’institution, outre qu’ils s’apparentent à des comportements en usage au sein des sectes les plus dangereuses, nous semblent relever des articles 121-2 et suivants ainsi que des articles 222-1 et suivants du code pénal.2
Par ailleurs, faisant suite à la parution du rapport susmentionné, Monsieur Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France et archevêque du diocèse de Reims, a été invité du journal de 8h30 sur les ondes de la radio publique France-Info le 6 octobre 2021.Lors de son entretien avec les journalistes de la chaîne, il a justifié la dissimulation des crimes massivement perpétrés au sein de l’église par cette déclaration : « Le secret de la confession est plus fort que les lois de la République3. »
Cette déclaration pour le moins explicite démontre que l’église catholique, en tant qu’institution, se considère au-dessus des lois de notre pays. Ainsi, en plus de sa complicité institutionnelle en regard des crimes commis en son sein qu’elle n’a eu de cesse de cacher et de recouvrir de la chape du secret, la voix d’un de ses plus hauts dirigeants en dévoile le caractère séparatiste.

Notre Parti, fidèle aux principes républicains et ardent défenseur de ces derniers, n’entend pas remettre en cause la liberté de conscience et de croyance de chacune et de chacun. Néanmoins, au vu des éléments brièvement évoqués plus haut, il apparaît clairement qu’en sa qualité d’institution soumise à nos lois, l’église catholique de France a manifestement trahi le caractère cultuel qu’elle revendique. Sous sa responsabilité systémique, hiérarchique et institutionnelle, un nombre massif de violences sexuelles a été perpétré - dans l’impunité la plus totale des prédateurs criminels et sous la protection complice du secret le plus absolu organisé par la hiérarchie ecclésiale - sur des centaines de milliers d’enfants dont les vies ont été brisées. « L’Église catholique est ainsi, hors les cercles familiaux et amicaux, le milieu dans lequel la prévalence des violences sexuelles est la plus élevée. » (op.cit.)
En conséquence de ce qui précède, par la voix de son bureau national, le Parti républicain solidariste vous prie instamment de prendre, à l’encontre de l’église catholique de France, de sa hiérarchie dirigeante ainsi que des membres de son clergé et des assistants laïcs démasqués comme prédateurs sexuels, toutes les mesures prévues par la loi, y compris la dissolution des associations de loi de 1905 qui se sont rendues complices de ces crimes. De telles mesures s’imposent face à des faits dont la nature, le nombre et la récurrence ne peuvent qu’entraîner une lourde, sévère et exemplaire sanction.
C’est en vous remerciant par avance de bien vouloir nous informer des dispositions que vous ne manquerez pas de mettre en œuvre que nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations laïques et républicaines.

1 https://www.ciase.fr/rapport-final/
2 https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006149817/#LEGISCTA000006149817
   https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006117597/#LEGISCTA00000611759

3 https://www.dailymotion.com/video/x84ofdf